Contexte et historique

 

Contexte historique

L'échelle du pont vieux de Dax donne une bonne illustration des grandes crues historiques.

 

Photo Echelle du Vieux Pont de Dax
Photo Echelle du Vieux Pont de Dax - Prise de vue : 2 mars 2015, Institution Adour

 

 

Crue d'avril 1770

Bien que l'on ait peu de données précises sur cette crue, toutes les études sur l'Adour en font état en tant que hauteur d'eau record à Dax avec 6,80 m à l'échelle du vieux pont. Malheureusement aucune autre marque que celle du pont ne subsiste. Par ailleurs, les conditions d'écoulement de l'Adour depuis 1770 ont été modifiées.

 

Crue généralisée du 2 et 3 février 1952 (cf. EPRI Adour-Garonne)

 

Photo Cours de Verdun à Dax
Photo Cours de Verdun à Dax au maximum de la crue le 6 février 1952 (source : journal Sud-Ouest)

 

 

La crue généralisée de février 1952 est la plus forte crue du bassin de l'Adour de ces cent dernières années.

 

La crue est caractérisée par les apports notables des bassins moyens dont l'importance croît d'amont en aval, avec une montée rapide des niveaux (en une journée). L'influence de la marée accentue les débordements. On relève à Dax un maximum de 6,52 m à l'échelle, soit 0,28 m de plus que pour l'événement de 1879, sans atteindre toutefois le niveau d'avril 1770. En Aquitaine, cette crue a causé la mort de six ou sept personnes.

 

La crue de 1952 est, à Dax, l'événement de référence sur l'Adour pour la délimitation des zones inondables et notamment pour le zonage des plans de prévention du risque inondation (PPRI). Son temps de retour serait de l'ordre de 80 à 90 ans (Direction Départementale de l'Equipement des Landes, 2005).

 

Crue généralisée du 16 décembre 1981

Du 10 au 15 décembre 1981, une perturbation stationnaire génère des pluies très abondantes sur l'Aquitaine et Midi-Pyrénées. Les inondations les plus importantes affectent les bassins de la Garonne et de l'Adour et causent d'importants dégâts.

A Dax, l'Adour connaît sa deuxième crue du siècle après celle de mars 1930 avec une côte de 6,03 m qui correspond à une période de retour de l'ordre de 50 ans (Direction Départementale de l'Equipement des Landes, 2005). Sur la commune de Bégaar, les dégâts sont bien moindres que lors de la crue de 1952.

 

Crue de janvier 2014

 

 

Carte Enveloppe de crue de janvier 2014
Carte Enveloppe de crue de janvier 2014 sur le territoire de la SLGRI de Dax

 

 

En 2013, le bassin versant de l'Adour a connu des pluies importantes et les cours d'eau ont débordé. En novembre 2013, le cumul des précipitations était de 270 mm suivi au mois de janvier par un cumul de 250 mm (210 mm à Mont-de-Marsan, 230 mm à Pau, 267 mm à Bayonne et 324 mm à Dax). Le 24 janvier, il est tombé plus de 70 mm à Tarbes. Les Préfectures des Hautes-Pyrénées et du Gers ont alors alerté les élus locaux. Ce sont surtout les affluents qui ont connu une forte montée des eaux : l'Echez, le Louet et l'Arros. Dès le mardi, la situation s'est améliorée mais l'Adour, gonflée par les affluents, n'a pas épargné les villes d'Aire-sur-l'Adour, Grenade-sur-l'Adour, Dax, ... Le niveau a atteint 5,97 m au vieux pont de Dax. A Bayonne, la crue s'est conjuguée à des coefficients de marée très importants. Les inondations ont duré plus d'une semaine et les dommages subis ont été considérables. Sur le bassin versant de l'Adour, cette crue correspond à une crue d'occurence trentennale. La commune de Saint-Paul-lès-Dax a été en partie inondée par le ruissellement pluvial. Certaines communes, dont Dax, ont aussi subi une inondation par remontée de nappe. De plus, le mur d'un hôtel qui fait partie du système d'endiguement de Dax a cédé.

 

Photo Crue de janvier 2014 au niveau de Dax et Saint-Paul-Lès-Dax
Photo Crue de janvier 2014 au niveau de Dax et Saint-Paul-Lès-Dax (crédit photo : SDIS 40)

 

 

Le tableau ci-dessous présente les grandes crues de l'Adour par les hauteurs maximales atteintes aux échelles de Dax et de Pontonx-sur-l'Adour :

 

Date

Hauteur d'eau mesurée à l'échelle

(en m) à Pontonx-sur-l'Adour

Hauteur d'eau mesurée à l'échelle

(en m) à Dax

6 avril 1770

?

6,80

2 février 1879

5,60

6,24

2 février 1952

5,75

6,52

16 décembre 1981

5,48

6,03

30 janvier 2014

5,32

5,97

 

Crues du Luy

Concernant le Luy, nous disposons de peu d'information sur les crues historiques. Le dossier d'information sur la commune de Saint-Pandelon (Direction Départementale de l'Equipement des Landes, 2009) précise toutefois que la crue de 1952 est la plus forte connue sur le secteur. A Saint-Pandelon, elle correspond à la crue centennale du Luy.

Lors de la crue du 16 décembre 1981, le Luy a atteint 6,48 m à l'échelle de Saint-Pandelon. En 1966, il a atteint 5,65 m à cette même échelle.

 

Contexte réglementaire

 

La directive européenne 2007/60/CE, du 23 octobre 2007 relative à l'évaluation et à la gestion des risques d'inondation, dite « directive inondation » établit un cadre pour l'évaluation et la gestion des risques d'inondation visant à réduire les dommages sur la santé humaine, l'environnement, le patrimoine et l'activité économique. Tous les types d'inondation sont concernés par la mise en œuvre de cette directive, à l'exception des débordements de réseaux d'assainissement. En cohérence avec la politique de l'eau, l'échelle de travail retenue est le district hydrographique, l'équivalent d'un grand bassin ou d'un groupement de bassins.

 

La Directive Inondation a été transposée dans le droit français par la loi dite « Grenelle 2 » du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement. Elle est précisée par le décret n°2011-227 du 2 mars 2011 relatif à l'évaluation et à la gestion des risques d'inondation.

 

Si la mise en œuvre de cette politique de gestion des risques d'inondation est territoriale, un cadre national a été élaboré sous la forme d'une stratégie nationale de gestion des risques d'inondation (SNGRI)

Accéder à la SNGRI

Accéder à un résumé de la SNGRI

 

 

Cette dernière cible trois objectifs majeurs :

  • Augmenter la sécurité des populations exposées;
  • Stabiliser à court terme, et réduire à moyen terme, le coût des dommages liés à l'inondation;
  • Raccourcir fortement le délai de retour à la normale des territoires sinistrés.

 

Au niveau du bassin Adour-Garonne, l'élaboration d'un premier plan de gestion des risques d'inondation s'inscrit dans le cadrage national et affiche les priorités de l'action publique notamment sur les territoires concentrant le plus d'enjeux, les territoires à risque important (TRI) d'inondation et de submersion. 18 TRI ont été identifiés sur le bassin Adour-Garonne dont 3 sur le bassin de l'Adour (TRI côtier basque, TRI de Dax et TRI de Pau)

 

Comme le prévoit la mise en œuvre de la directive européenne sur l'évaluation et la gestion du risque inondation, la réalisation de la cartographie des zones inondables et des risques (croisement aléas/enjeux) sur chacun des TRI a été entreprise par les services de l'Etat, en vue de la définition d'une stratégie locale de gestion du risque.

 

Ces cartes ont été approuvées par le préfet coordonnateur de bassin le 3 décembre 2014. Elles sont consultables et téléchargeables ICI.

 

Lors de sa réunion du 29 janvier 2014, l'Institution Adour s'est positionnée comme structure porteuse de l'élaboration de la stratégie locale de gestion du risque inondation (SLGRI) pour le TRI de Dax. La politique d'intervention sur le bassin sera déclinée localement et proportionnée aux enjeux, besoins et réalités du territoire.

 

Arrêtée en le 15 décembre 2016 par le Préfet des Landes, la SLGRI de Dax sera mise en œuvre par le biais d'un programme d'actions de prévention des inondations (PAPI).